19 avril 2007
Décès de Jean-François Knecht : « La flamme ne doit pas s’éteindre »
Jean-François Knecht
Au delà de la tristesse personnelle qu'il nous cause, le décès brutal de Jean-François Knecht, à l'âge de 49 ans, est une grande perte pour la lutte contre la corruption.
Nous avions fait connaissance il y a quelques mois et avions tout de suite partagé une grande amitié née d'une même vision de la politique au service de l'humanité.
Notre ami, conseiller général socialiste était membre d'Anticor et connu à Nice comme une figure emblématique du combat contre les réseaux mafieux qu'il n'a jamais eu de cesse de traquer de toutes ses forces et avec une grande agilité. Il fût à l'origine de plaintes, mises en examen et de condamnations contrariant les moeurs politiques affairistes à Nice, ayant récement débouché sur l'annnulation du contrat passé entre la ville de Nice et des entreprises pour la construction d'un grand stade. Son action était devenue un combat constituant une grande menace pour tous les délinquants en col blanc.
Au-delà, il était aussi engagé dans des actions humanitaires au Benin.
Sa disparition si soudaine affecte tous ceux qui se battent pour l'intégrité des hommes politiques. Il est à craindre que ces ennemis s'en réjouissent et se sentent pousser des ailes.
Il ne doit pas en être ainsi ; la flamme ne doit pas s'éteindre. Le nom de Jean François Knecht doit rester gravé dans l'histoire comme celui d'un homme qui s'est battu pour la dignité et l'honneteté en politique. Par fidélité à sa mémoire, nous devons promettre encore plus de détermination à poursuivre la lutte anticorruption.
Réunis ce soir pour un dernier meeting à Grenoble, les militants d'Anticor inviteront donc tous ceux qui aspirent à plus d'éthique en politique à lui rendre l'hommage qu'il mérite.
Séverine Tessier, présidente nationale d'Anticor
Lire aussi :
« Un Don Quichotte qui n’a pas eu suffisamment de Sancho Panza auprès de lui » sur le blog du Parti Radical de Gauche 06 (18/04/07)
28 février 2007
Comment la CANCA prépare son personnel aux perquisitions...
La Communauté d’agglomération Nice Côte d’Azur a, on le sait, quelques problèmes avec ses appels d’offres…
Plutôt que d’offrir des formations sur le code des marchés publics à ses agents et ses élus, la CANCA s’est résolue à éditer un « Vade-mecum sur la perquisitions et les saisies », diffusé en interne…
Tout d’abord, ce document prend le soin de rappeler que la « perquisition est la mesure d’enquête qui permet de rechercher des éléments de preuve d’une infraction au domicile d’une personne ou dans un lieux (bureau) où peuvent se trouver des objets (documents, biens…) dont la découverte serait utile à la manifestation de la vérité. »
Après cet utile rappel, il est fixé onze « consignes à respecter » en cas de perquisition dont certaines laissent songeurs…
Ainsi, la cinquième recommande de « faire le moins de commentaires possibles : vos propos ou ceux tenus par les agents présents peuvent être retenus contre vous. »
La onzième et dernière, enfin, commande d’« émettre des réserves sur le procès-verbal : mieux vaut ne pas signer ou émettre des réserves. Il sera ainsi plus aisé de contester par la suite. »
À l’inverse, on aurait pu demander à tous les agents publics de coopérer avec les forces de l’ordre afin de permettre… la « manifestation de la vérité » ! Visiblement, on n’y a pas pensé...
24 février 2007
Le tour de France d'Anticor fait étape à Nice
de gauche à droite : Jean-Christophe Picard, Séverine Tessier, Jean-François Knecht et Élodie Jomat
Séverine Tessier, présidente d’Anticor, a tenu une conférence de presse, à Nice, pour présenter la campagne nationale de lutte contre la corruption lancée le 29 janvier dernier.
Anticor prône notamment le non-cumul des mandats et des fonctions ; l’inéligibilité définitive des élus condamnés pour délits financiers ; le renforcement des chambres régionales des comptes et l’élargissement de leur saisine ; la suppression de l’amnistie des délits financiers…
Dans le cadre de sa campagne, Anticor va partout en France présenter ses propositions à travers des meetings régionaux, des distributions de tracts et des conférences de presse. L'association a également adressé une lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle dont les réponses seront rendues publiques le 28 mars prochain.
Séverine Tessier a bien insisté sur le fait qu'Anticor est « contre la corruption mais aussi contre le "tous pourris" ! ». C’est pourquoi, l'association soutient une dizaine de candidats aux élections législatives. Dans les Alpes-Maritimes, la présidente a annoncé qu’« afin de donner une visibilité à ceux qui font honneur à la Politique, et pour remplacer la prime à la casserole par la prime à l’éthique, Anticor soutient, dans la 3e circonscription, la candidature d’Élodie Jomat (PRG et PS) qui milite activement au sein d’Anticor depuis plusieurs années ».
Jean-Christophe Picard et Jean-François Knecht, responsables d’Anticor 06, ont ensuite présenté les objectifs de leur groupe local : organiser des réunions publiques pour sensibiliser les citoyens, collecter les informations pour les relayer à Anticor et, le cas échéant, saisir les autorités compétentes.
Enfin, Jean-François Knecht a fait un tour d’horizon des nombreuses « affaires » locales actuellement en cours. Il s'est étonné d’avoir dû, à plusieurs reprises, saisir lui-même le Procureur de la République en lieu et place du maire de Nice ou du président de la CANCA, comme dans le récent scandale de la Mission locale communautaire.
La conférence de presse s'est prolongée par une distribution de tracts dans la ville.
29 janvier 2007
Lancement de la campagne nationale de lutte contre la corruption
La France est souffrante, atteinte d’un virus qui la mine : la corruption.
Selon le récent rapport annuel de l’ONG Transparency international, elle figure même parmi les mauvais élèves au plan mondial. Cela a un impact très net aux yeux de la population : 60 % des Français jugent leurs élus corrompus (selon une étude récente du CEVIPOF). Un tiers d’entre eux considèrent que la corruption augmente.
Ce « sentiment » reflète la réalité des affaires politico-financières défrayant la chronique judiciaire et médiatique, l’inflation des condamnations assorties de nombreux nouveaux dépôts de plaintes en cours d’instruction et de rapports accablants de chambres régionales des comptes…
Face à ce constat, nous assistons, malgré une abstention très élevée, au recyclage de candidats douteux comme Alain Juppé à Bordeaux, Patrick Balkany à Levallois, Jacques Mellick à Béthune par des partis dits « républicains », qui ont souvent été unis dans des pactes de corruption liés à leur financement occulte.
Devant le terrible discrédit de la politique, les élus honnêtes - soit la majorité, sont aussi les victimes collatérales de la corruption. Ils sont perçus comme « tous pourris » par des citoyens qui se méfient d’eux, faisant ainsi porter une menace de divorce sur le couple démocratique citoyens–élus.
Il est donc urgent, non seulement de lutter contre la corruption, mais aussi de réhabiliter la politique en valorisant l’éthique de celles et ceux qui se battent pour servir l’intérêt général !
À travers une campagne nationale d’intérêt public, nous appelons à un sursaut politique et citoyen en faveur de la prime électorale à l’éthique des candidats. Nous la déclinerons partout en France à travers meetings régionaux, distribution de tracts et conférences de presse. Dans ce cadre, nous adressons une lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle. Fin mars, nous rendrons publiques les réponses des candidats, à l’occasion de la remise du « prix spécial Anticor » au(x) candidat(es) éthique(s) 2007.
Le lancement de cette campagne a lieu le 29 janvier 2007, à 17 h 30, au Théâtre de l’Opprimé, (Paris, 12e), 78 rue du Charolais, en présence de membres de son comité de parrainage parmi lesquels : Éric Halphen (président du comité de parrainage), Christiane Taubira (députée PRG de Guyane), Corinne Lepage (ancienne ministre, présidente de Cap 21), Michel Hunault (député UDF), Yann Werhling (porte-parole des Verts), ainsi que de nombreux maires et élus locaux, responsables associatifs acteurs de la lutte anticorruption, auteurs de blogs, de salariés donneurs d’alerte et des relais locaux qui accueilleront les meetings régionaux.
Voici les trois priorités et treize propositions de l'association Anticor pour une révolution éthique :
1. Prévenir
réforme de la justice (nominations, carrière des magistrats, indépendance, etc.) ;
non cumul des mandats et des fonctions ;
formation obligatoire des élus aux bonnes pratiques de gestion ;
reconnaissance du droit d’alerte pour protéger du licenciement les salariés révélant des malversations dans leurs entreprises.
2. Contrôler
établissement d’un contre-pouvoir citoyen par le renforcement des outils de la démocratie participative (conseils de citoyens par exemple) ;
réglementation stricte du lobbying ;
renforcement des chambres régionales des comptes et élargissement de leur saisine ;
lutte contre les paradis fiscaux, bancaires et judiciaires (possibilité d’instauration d’un blocus) ;
renforcement de la transparence sur les déclarations de patrimoine et de revenu des élus et des candidats ;
transparence sur les prix et revenus tirés de l’exploitation et de la gestion de l’énergie et des ressources naturelles (eau, gaz, pétrole...).
3. Punir
inéligibilité définitive des élus condamnés pour délits financiers ;
suppression de l’amnistie des délits financiers ;
suspension de marchés publics à une entreprise condamnée pour avoir versé des pots de vin.
30 juin 2006
Conférence-débat sur le thème : « Quelle réforme pour la Justice ? »
Éric de Mongolfier, Jean-Christophe Picard et Éric Halphen
La Parti Radical de Gauche 06 et l’association Anticor ont organisé, à Nice, une conférence-débat sur le thème « Quelles réformes pour la Justice ? », avec Éric Halphen, magistrat en disponibilité, et Éric de Mongolfier, Procureur de la République.
La soirée fût présentée et animée par Jean-Christophe Picard, porte-parole départemental du PRG. Devant une salle comble*, il estima « qu’après les affaires Outreau et Clearstream, sans parler de la récente et scandaleuse amnistie de Guy Drut, la question de la réforme de la Justice sera, à n’en pas douter, au cœur de la prochaine campagne présidentielle ».
Éric Halphen, auteur de deux livres sur ce thème, « Sept ans de solitude » et « Le bal des outrés », a commencé par expliquer que la Justice avait vocation à réduire les inégalités. Il pointa la dévaluation du concept de Justice : qualifiée initialement de « pouvoir », puis d’« autorité », elle est devenue, aujourd’hui, un simple « service public ». Il insista sur la nécessité d’harmoniser la coopération avec les pays voisins, notamment en créant un parquet européen, car « il n’y a plus que les juges qui soient bloqués par les frontières ! ». Il dénonça, sur ce sujet, un manque de volonté politique « qui vient peut-être du fait que les mêmes circuits sont utilisés par les délinquants et certains partis politiques ! ». Il prôna également l’indépendance de la police « qui doit dépendre du pouvoir judiciaire et non de l’exécutif ». Il aborda ensuite le problème du manque d’autonomie des juges qui sont actuellement soumis au conseil supérieur de la magistrature qui n’est pas un organisme indépendant puisque présidé par le Président de la République ; ainsi, « un magistrat qui déplait risque de ne pas être proposé à l'avancement ». À l’inverse, il regretta la faiblesse des sanctions contre les juges défaillants qui, dans le pire des cas, écopent seulement d’une mutation d’office. Il conclua en rappelant les propositions d'Anticor dont il préside le comité de parrainage : inéligibilité à vie des élus condamnés pour malversation, non-cumul des mandats, statut de l’élu et de l’opposition…
Éric de Mongolfier a, pour sa part, fustigé les citoyens « qui veulent souvent la Justice pour eux et pas pour leurs voisins ». Il dénonça une évolution négative car « la Justice devrait intervenir après que toutes les autres solutions aient échoué ; or, c'est l'inverse qui se fait ». Il estima que la Justice était, aujourd’hui, profondément inégalitaire : « elle est fort avec le faible et faible avec le fort ». Il ironisa sur l’indépendance des juges « qui sont notés » ; par conséquent, « pour être indépendant, il faut qu'un magistrat ait la volonté de ne pas faire carrière ». Par contre, il n’est pas favorable à l’autonomie des parquets car, pour lui, « la politique pénale doit être entre les mains du Gouvernement ». En conclusion, il s’étonna que « tout un peuple se passionne pour vingt-deux personnes qui courent derrière un ballon tandis que l'institution judiciaire intéresse si peu de monde ». Or, « on n’est pas citoyen seulement en mettant un bulletin de vote de temps en temps dans une urne, on doit l’être tous les jours ! ».
Les deux conférenciers répondirent ensuite aux nombreuses questions et observations – souvent enflammées – du public pendant plus de deux heures.
* Étaient notamment présents :
Annie Piétri qui représentait Patrick Allemand, premier vice-président PS du Conseil Régional ;
Simone Monticelli, conseillère municipale de Nice PCF ;
Yann Librati, conseiller municipal de Nice PS ;
Fabrice Lachenmaier, conseiller municipal du Mas et président du Mouvement européen 06 ;
Jean-Michel Galy, président du Parti Radical de Gauche 06 ;
Élodie Jomat, vice-présidente du Parti Radical de Gauche 06 ;
Jean-Yves Ollivier, vice-président du Mouvement Écologiste Indépendant ;
Nadia Aouassi, présidente de l’association La même justice pour tous ;
Christian Razeau, président de l’association Quartiers de Nice ;
Robert Charvin, doyen honoraire de la faculté de Droit.





