17852461L’affaire n’est pas banale. Et elle est prise très au sérieux par la justice qui vient d’ouvrir une enquête préliminaire pour « faux et falsification de certificats » visant Dominique Strauss-Kahn, en sa qualité d’ex-directeur du FMI.

C’est la plainte d’un Cannois, Serge Berrebi, qui a tout déclenché...

En 1989, il est chassé, par le pouvoir en place, de l’entreprise florissante qu’il avait développée, au Congo. Fort logiquement, la cour d’appel d’Aix-en-Provence condamne, le 8 novembre 2000, ce pays à l’indemniser. 

Mais non seulement le Congo n’appliquera jamais cette sanction, mais il bénéficiera, en 2010, d’un effacement de sa dette de 2,6 milliards d’euros par le FMI !

Or, une des conditions pour bénéficier d’une telle faveur est que le pays concerné règle, au préalable, ses contentieux commerciaux privés. Mais, très curieusement, la créance de Serge Berrebi est mystérieusement « déclassée » : elle passe de la colonne « décisions de justice définitive » pour un montant de 12,7 millions €, à la colonne « procédures en coure » pour un montant de 6,1 millions €. Du fait de cette curieuse modification, l’entrepreneure cannois ne touchera rien. D’où sa plainte pour « faux et usage de faux »…

Mais le pire reste à venir. Selon lui, l’effacement de la dette du Congo résulte de faux rapports destinés à « maquiller ce pays riche de pétrole, de minerais, de diamants, de métaux et de bois précieux en un pays pauvre ». L’objectif étant « de falsifier ses comptes, diminuer voire dissimuler ses véritables ressources, le présenter comme un pays vertueux, pauvre et très endetté afin qu’il obtienne un effacement quasi total de ses dettes ». L’accusation est lourde. Mais, rappelle Serge Berredi, « Total n’a attendu qu’une quinzaine de jours [après la décision du FMI d'effacer la dette] pour révéler que 300 millions de barils de pétrole allaient pouvoir être extraits de l’extension d’un gisement (Moho Bilondo Nord). Ce genre d’affirmation ne peut se faire du jour au lendemain. Au prix actuel du brut, c’est un minimum de 15 à 20 milliards de dollars qui reviendraient à la République du Congo sur une période d’une dizaine d’années d’exploitation. » Pas mal, en effet, pour un pays sensé être pauvre !

Serge Berrebi conclue : « J'ai été volé deux fois dans cette affaire : en tant que simple contribuable qui, par ses impôts, assume ce cadeau fait par DSK à un état voyou. Et en tant que chef d'entreprise volé par ce même état voyou. »

À visiter :

- Blog de Serge Berrebi