IMG_6673Anticor 06 a organisé une projection-débat autour du reportage « Corruption : la tentation permanente » (qui a été diffusé dans l’émission Complément d’enquête, le 15 novembre dernier, sur France 2), au Théâtre du Port, à Nice.

Le débat qui a suivi portait sur les lanceurs d’alerte. Il a été introduit par Séverine Tessier, porte-parole d’Anticor, et Jean-Christophe Picard, responsable d’Anticor 06 (qui apparaît dans le reportage). On notait la présence, dans la salle, de Marie-Luz Hernandez-Nicaise (EELV), conseillère municipale de Nice et conseillère métropolitaine de Nice Côte d’Azur, et de Gilles Rainero (MoDem), conseiller municipal de La Trinité.

Séverine Tessier a rappelé qu’Anticor réclame, depuis longtemps, la protection institutionnelle des lanceurs d’alerte révélant des malversations, via une autorité indépendante. Elle a également annoncé qu’une proposition de loi « relative à l’indépendance de l’expertise en matière de santé et d’environnement et à la protection des lanceurs d’alerte », rédigée par la sénatrice Marie-Christine Blandin (EELV), a été adoptée par le Sénat, le 21 novembre dernier.

Jean-Christophe Picard a ensuite raconté son quotidien de lanceur d’alerte. La détection d’un acte délictueux se fait par la presse ou la lecture attentive des actes administratifs. De nombreux élus et citoyens saisissent régulièrement Anticor 06, qui filtre ce qui mérite d’être approfondi. L’obtention des pièces n’est pas aisé et le recours à la Commission d’accès des actes administratifs (Cada) est fréquent. En outre, de nombreuses informations sensibles n’existent pas : la liste des logements et véhicules de fonction, le nombre et la rémunération des collaborateurs de cabinet, les notes de frais, etc. Enfin, il n’est pas évident d’obtenir une réponse satisfaisante des autorités compétentes (Préfet, Procureur, etc.)... quand elles répondent !

De nombreux participants ont témoigné des difficultés qu’ils avaient rencontré lorsqu’ils tentèrent de mettre fin à un abus : irrecevabilité de leur recours, lenteur excessive de la justice, coût significatif des procédures, etc.

À l’évidence, la condition de lanceurs d’alerte est loin d’être facile !