mandelieu350Continuant sa tournée des villes du département, Anticor 06 a organisé une conférence-débat sur le thème « Corruption, stop ou encore ? », à Mandelieu-La Napoule, avec : 
- Chantal Maimon (PRG), conseillère municipale d’opposition de Mandelieu-La Napoule et membre d’Anticor ; 
- Bernard David (UMP), conseiller municipal d’opposition de Mandelieu-La Napoule ; 
- Jean-Christophe Picard, responsable d’Anticor 06 ; 
- Séverine Tessier, porte-parole d’Anticor et auteur du livre « Corruption, stop ou encore ? ».

Malgré l’absence d’annonce dans la presse locale, la salle de 40 personnes de l’hôtel Ibis était bondée.

Chantal Maimon a, tout d’abord, présenté les intervenants et remercié les élus présents : 
- Arlette Giordano (divers gauche), conseillère municipale d’opposition de Mandelieu-La Napoule ; 
- Jean-Claude Castillo (divers droite), conseiller municipal d’opposition de Mandelieu-La Napoule ; 
- Gérard Alunni (divers droite), conseiller municipal d’opposition de Mandelieu-La Napoule ; 
- Fabrice Lachenmaier (PRG), maire du Mas ; 
- Yves Rousguisto (PRG), conseiller municipal d’opposition de Vence ; 
- Gilles Rainero (MoDem), conseiller municipal d’opposition de La Trinité.

Bernard David a expliqué les difficultés qu’il rencontrait au quotidien pour défendre les intérêts des contribuables, y compris devant les tribunaux : « J’ai dépensé des milliers d’euros en frais de justice ! ». Il est également revenu sur l’enquête préliminaire en cours concernant Henri Leroy, le maire de Mandelieu-La Napoule. Si la Justice s’intéresse à lui, c’est qu’il détient des parts dans une société de conseil en informatique qui travaille pour plusieurs entreprises... qui elles-mêmes travaillent parfois pour la commune !

Jean-Christophe Picard a fait part de sa grande satisfaction d’être à Mandelieu-La Napoule : « Je suis heureux d’être ici car je sais que je ne suis pas le bienvenu ! En fait, c’est l’association Anticor toute entière qui n’est pas la bienvenue ! Et nous aimons venir là où l’on ne veut pas que l’on vienne... Nous pensons, en effet, qu’il est utile de réaffirmer certains principes dans une commune qui refuse de prêter des salles afin d’empêcher les citoyens de débattre, dans une commune qui interdit aux conseillers municipaux de se former, dans une commune qui n’hésite pas à censurer les tribunes de l’opposition dans le bulletin municipal ! ». Le responsable d’Anticor 06, par ailleurs attaché territorial de profession, a ensuite détaillé l’ensemble des pratiques illégales ou choquantes qui peuvent se rencontrer dans une collectivité locale.

Séverine Tessier a évoqué le problème de recevabilité des associations anticorruption : « Contrairement aux associations de défense de l’environnement, nous devons démontrer, à chaque plainte, notre recevabilité ! ». La porte-parole d’Anticor a regretté, ensuite, qu’avec le jeu des conflits d’intérêt et du lobbying, « certains d’élus finissent par ne plus défendre d’autres intérêts que ceux de leurs électeurs ». Elle a alors prôné un « partenariat public/citoyen » qui permettrait de contrôler efficacement l’utilisation de l’argent public. « La lutte contre la corruption doit être au cœur des prochaines municipales ! », conclut-elle.

Plusieurs personnes du public ont dénoncé le manque de sévérité à l’égard des élus indélicats : « Quand un élu est pris la main dans la confiture, il ne risque quasiment rien » ! Séverine Tessier a rappelé qu’Anticor demande l’inéligibilité à vie des élus condamnés pour malversation.

Jean-Claude Castillo, membre de la Commission d’appel d’offres de la commune, a expliqué qu’il est, en pratique, difficile de contrôler l’attribution des marchés publics : « C’est très complexe et ce sont les services, dirigés par le maire, qui font les classements des offres. » Jean-Christophe Picard a répondu qu’il « faut faire le tri car les astuces pour contourner la loi sont toujours les mêmes ».

Fabrice Lachenmaier a rappelé qu’il ne fallait pas généraliser et que beaucoup d’élus étaient honnêtes et dévoués. Il a notamment évoqué le cas des maires de petite commune qui touchent une très faible indemnité. Séverine Tessier ajoute que « ce ne sont pas les élus qui touchent le moins qui sont les plus corrompus : 90 % des élus condamnés sont des cumulards ! »

Prochaine conférence-débat d’Anticor 06 : à Menton.