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Le 7 mars dernier, Jean-Christophe Picard, responsable d’Anticor 06, déposait plainte pour prise illégale d’intérêt contre Daniel Benchimol dans l’affaire des « Schtroumpfs grognons ». L’adjoint au maire de Nice mis en cause avait alors qualifié cette plainte de « tout à fait fantasque »…

Pourtant, une semaine plus tard, Christian Estrosi organisa une conférence de presse en catastrophe pour annoncer qu’il mettait fin à l’opération concernée. Jusque là, le président de la métropole s’était pourtant toujours montré très ferme par-rapport aux opposants au projet : « Face à cela, je ne céderai en rien ! », avait-il encore martelé le 21 septembre 2012. Mais, curieusement, il a suffit d’une plainte « tout à fait fantasque » pour que l’opération soit subitement reconsidérée. Sans surprise, le conseil métropolitain du 29 mars 2013 approuva ce recul (Daniel Benchimol n’a, cette fois, pas pris part au vote).

Mais revenons sur le volet pénal de cette affaire...

Lors de la fameuse conférence de presse, Christian Estrosi a apporté, sans réserve, son soutien à Daniel Benchimol. C’est une démarche importante sur laquelle il devra, le moment venu, s’expliquer.

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Mais le maire de Nice ne s’est pas contenté de défendre son adjoint. Il s’en est pris à l’association Anticor qu’il a accusé d’avoir tenu des « commentaires inappropriés » dans cette affaire. Selon Christian Estrosi, les 26 appartements et la maisonnette appartenant à Daniel Benchimol ou à son épouse, situés au 24 rue Dabray, n’auraient pas pris de valeur grâce à l’opération de rénovation urbaine envisagée dans le secteur. L’argument avancé était de taille : l’immeuble appartenant à son adjoint « a toujours eu vocation à être démoli ».

C’est une affirmation hautement fantaisiste, qui n’est accréditée par aucun document officiel. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter au plan local d’urbanisme (PLU) de Nice. Celui-ci a été modifié, le 29 juin 2012, pour notamment prendre en compte l’opération de rénovation urbaine. On a ainsi ajouté au PLU la « création d’un emplacement réservé n° 2558 pour un espace public, afin de permettre l’aménagement d’une nouvelle place avec jardin sur le Cour Bensa ». Et sur le plan, on voit distinctement que l’emplacement réservé n° 2558 épargne miraculeusement les parcelles numéros 236 et 396… qui sont celles qui appartiennent au couple Benchimol !

On peut également utilement se reporter au visuel fourni par la métropole à l’appui du projet : l’immeuble de l’adjoint au maire – blanc avec des volets bleus – est fièrement dressé devant le futur square.

Il y a donc, dans cette affaire, des Schtroumpfs grognons mais aussi des Schtroumpfs menteurs. Et aux dernières nouvelles, ces derniers ne seraient toujours pas « dévastés par le remords ».