Anticor forum 1 - rogne

Anticor 06 a organisé un forum sur le thème « La Justice en examen », à l’hôtel Splendid, à Nice, devant 70 personnes. Étaient notamment présents : Gilles Rainero, conseiller municipal de La Trinité, et Chantal Maimon, conseillère municipale de Mandelieu-La Napoule.

La soirée avait été divisée en deux tables rondes.

Table ronde sur « La réforme de la Justice »

Cette table ronde était animée par Jean-Christophe Picard, responsable d'Anticor 06, avec Jean-Pierre Murciano, magistrat, Patrick Rizzo, avocat, et Fabrice Rizzoli, représentant de Flare en France.

Jean-Christophe Picard a expliqué que la réforme de la Justice est une revendication forcément récurrente. Il donne le résultat d'une grande étude sur la Justice, rendue publique le 10 janvier dernier : 34 % des Français ont eu affaire à la Justice. 87 % estiment que la Justice a besoin d'être reformée. 58 % considère qu'elle fonctionne mal (trop lente, trop complexe, trop coûteuse). Néanmoins, les 3/4 des justiciables sont satisfaits de la décision quand elle est rendue.

Patrick Rizzo a insisté sur « l’insuffisance des moyens de la Justice et le manque de volonté pour lutter contre la corruption transnationale, ce qui a valu à la France d’être épinglée par l’OCDE, étonnée par le très faible nombre de condamnations pour corruption d'agents publics étrangers prononcées en France ».

Jean-Pierre Murciano a donné son sentiment sur l’indépendance des magistrats surtout pour les dossiers portant sur le crime organisé ou pour les affaires politico-financières : « Cette indépendance peut être mise à mal par le jeu de l’avancement des juges ou, tout simplement, par le manque de moyens ».

Fabrice Rizzoli s’est étonné de l’absence de données concernant le crime organisé, en France, contrairement à l’Italie. Il a expliqué que « la confiscation des biens de la Mafia et leur affectation à des missions d’intérêt général est une pratique, en Italie, qui permet d’obtenir le soutien de la population ».

 

anticor forum 2 - rogne

Table ronde sur « Le citoyen justiciable face aux affaires »

Cette table ronde était animée par Renaud Marson, référent d'Anticor pour Menton, avec Séverine Tessier, porte-parole d'Anticor, Jean-Noël Falcou, lanceur d’alerte, et Chantal Maimon, lanceuse d'alerte.

Renaud Marson a évoqué les difficultés et les risques encourus par les lanceurs d’alerte qui peuvent être visés par des plaintes en diffamation ou en dénonciation calomnieuse.

Jean-Noël Falcou raconte son parcours : « Pour devenir lanceur d’alerte, il suffit de s’intéresser à ce qui se passe dans sa commune ! »

Chantal Maimon regrette la lenteur de la Justice : « Les enquêtes sont trop longues : les maires indélicats peuvent se représenter aux élections et se faire réélire ! »

Séverine Tessier a évoqué les abus de pouvoir : «  le risque judiciaire pour les lanceurs d'alerte est révélateur des failles des contre-pouvoirs institutionnels, notamment la Justice ; il est nécessaire de réaffirmer notre liberté d’expression ! ».

Le débat a ensuite été très nourri et, parfois, accablant.

Plusieurs habitants du Var ont ainsi fait le déplacement pour témoigner de l’ampleur des abus locaux dans leur département : « Mais nous nous heurtons à un mur judiciaire et à des "poursuites bâillon", comme les plaintes en diffamation ».

Plusieurs intervenants ont également témoigné de leurs difficultés pour trouver un avocat « fiable ».